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Denis Stritt nous apprend comment déterminer notre écosystème pour réussir notre transition professionnelle

Trouver l’écosystème qui convient  

Chez les entreprises les plus avancées dans une démarche de responsabilité sociale, ou chez d’autres qui ont dû s’y résoudre pour sortir de la crise, les décisionnaires ont bien compris que des collaborateurs heureux vont être des collaborateurs engagés et productifs, et ce de manière durable.

L’enjeu pour l’individu est de prendre exemple sur ces entreprises agiles pour développer la notice de sa propre réussite.

  • S’inspirer des nouvelles approches de management

Une pratique de management consiste précisément à mettre en place l’intelligence collective, qui permet à un collectif de travail de diversifier les points de vue pour trouver les bonnes solutions.

Sur un projet de nouveau produit, l’un apporte sa vision à long terme, l’autre sa vue sur l’organisation technique et ses étapes, le troisième sur les obstacles réglementaires, le dernier a déjà vu les attentes d’ergonomie de l’utilisateur final.

Vue par l’entreprise, la valeur ajoutée de cette pratique est multiple : technique parce qu’elle permet des prises de décisions avisées, et sociale car à reconnaitre la pertinence de leur vision on obtient le bonheur des collaborateurs. Vu du côté de la connaissance de soi, la pratique de mise en synergie des talents individuels dans des collectifs de travail permet d’identifier quelles sont ces caractéristiques, de manière construite, et accessible au grand public.

Juste derrière ma façon personnelle de voir les choses qui intéresse un collectif, on va trouver sur une même « brochette » ma dynamique, mes besoins de liberté et de sécurité, ma stratégie personnelle pour m’adapter, et enfin mes compétences opérationnelles, qui intéressent directement un employeur.

  • Rechercher l’environnement humain qui me convient

Au-delà de mes centres d’intérêt, et de mes compétences, qui m’amène à rechercher avec précision un emploi sur tel métier,  la connaissance que j’ai de moi-même m’amène à rechercher de manière précise l’activité dans le métier, et surtout l’environnement humain qui me permet de m’épanouir.

Pour aborder une tâche, une mission, est ce que j’ai besoin d’abord d’en capter la finalité, faute de quoi les détails n’ont pas de sens, ou à l’inverse j’ai besoin de capter minutieusement chaque détail pour  n’aborder le sens, l’objectif d’une tâche que quand je dispose de la totalité des détails ?

Chacun a pu remarquer en coworking que pour réfléchir et trouver des solutions, certains ont un besoin irrépressible de bouger et d’échanger, et qu’à l’inverse d’autres ont surtout besoin de silence et d’isolement pour se concentrer.

  • Les bonnes questions à se poser

Donc, quel environnement, quelquefois typé du fait de sa culture d’entreprise, sera celui avec lequel je partage des points communs ? Une industrie où tout est déjà organisé, planifié ? Une start-up qui travaille dans l’innovation et a comme devise « il n’y a pas une, mais plusieurs solutions ? Un service public qui respecte à la lettre le Droit du travail, ou une activité commerciale où les clients vont m’amener à me dépasser et à acquérir une expertise métier ?

La donne du XXIème siècle est à la fois que je suis libre de mon orientation, mais aussi que je n’ai pas de droit de me tromper sur ce qui fait mon bonheur à exercer. C’est sur ce point que la connaissance de soi peut être précieuse : Si elle apporte vérités qui valent pour tout le monde comme la nécessité de développer tous les points de vue pour prendre des décisions avisées, elle apporte surtout une « notice » individuelle irremplaçable : En effet, l’activité  qui fait mon  bonheur  peut s’avérer être le bagne pour  mon voisin.

  • Se connaître pour mieux gérer la pression

Se connaître soi, c’est aussi pouvoir se mesurer en situation de pression. En effet je suis capable de réaliser naturellement tel type de travail, mais je suis également capable d’étendre mon répertoire de savoir-faire en étant sous pression. La question que peut se poser un cadre, qui passe 80% de sa journée sous pression, sera comment se récupérer en énergie, ce qui n’est possible qu’en revenant au naturel des choses, en bougeant physiquement pour les uns, et en s’isolant pour les autres.
Ces constats amènent à reconsidérer la morale, et les critères  qui dictent nos choix : « Le meilleur job, ce pourrait bien être  le plus ressourçant, tout en étant  le mieux payé, et pas l’inverse »

  • Se connaître c’est s’ouvrir à l’autre

Enfin, se connaître soi, c’est aussi par ricochet s’ouvrir aux besoins, et aux centres d’intérêt des autres, qui sont différents des miens. Je peux m’apercevoir qu’au sein d’une équipe, ce que je n’aime pas faire, par exemple de gérer une base de données, d’autres sont ravis de s’y coller.
Ce qui ouvre à une multitude de solutions pour des équipes qui travaillent dans une logique amont aval, ou qui œuvrent ensemble dans un projet commun.

S’occuper de soi n’est pas un acte égoïste mais une générosité vers soi qui ouvre vers une générosité vers les autres.

Denis Stritt